La bohème artistique à Montmartre

Des prétendues 7 collines de Paris, Montmartre est la plus connue. Point culminant de la capitale, elle devient à la Belle Epoque le phare intellectuel et artistique de la ville.

Du Mont de Mercure ou de Mars des Romains, la butte devint le mont des martyrs, où Saint Denis perdit toute sa tête, puis la terre d'élection des sulfureuses bénédictines de Montmartre mais aussi d'Ignace de Loyola qui y crée l'ordre jésuite.

D'un petit village bucolique cher à Gérard de Nerval où règnent en maître carriers et vignerons, Montmartre devint au 19e siècle une banlieue populeuse où la modicité du prix du vin et des logements attire une foule d'ouvriers, d'artistes bohèmes et de noceurs. Tous les éléments sont dés lors réunis pour convertir ce bout de colline en véritable "Capitole des artistes".

Du café Zut au Lapin Agile du père Frédé au Chat noir de Rodolphe Salis, Montmartre n'aura de cesse d'abreuver dans ses guinguettes tout ce que Paris compte de poètes et de peintres désargentés. C'est ici que naît cet esprit gouailleur parisien où les fumisteries les plus originales seront élaborées. De nouveaux styles, des communautés y apparaissent aussi dans une course effrénée à l'avant-gardisme : les hydropathes d'Emile Goudeau, l'art incohérent d'Alphonse Allais, l'impressionisme de Renoir, l'art naïf du Douanier Rousseau, les calligrammes d'Apollinaire, le fauvisme de Matisse et le cubisme de Picasso.

La butte a donc son identité, son individualité propre. Rétive à l'influence bourgeoise parisienne, il y aurait "plus de Montmartre en Paris que de Paris en Montmartre". L'expression consacrée vaut-elle encore de nos jours ? Venez le découvrir en voguant des Abbesses au Sacré Coeur dans ce Bateau Lavoir affrété spécialement pour vous !