Votre guide ou Cicerone

     Cicerone ? Kézako?

Voilà un terme peu commun qui nous vient de l'italien. Il désignait les premiers guides de Rome qui commentaient abondamment les merveilles de la ville éternelle avec une faconde toute... cicéronienne.

 

     Or, je suis moi-même un héritier de ces ciceronni, cette lignée d'incontinents du verbe. Alors laissez-moi me présenter. En effet, vous êtes prêts à vous confier corps et âme à un guide pour quelques heures; autant que vous sachiez à qui vous avez à faire...

 

     Je m'appelle Romain Garcia. J'ai passé mon adolescence dans la région lilloise avant de voler vers d'autres cieux. Je suis un enfant de la République qui a grandi et fut formé par ses hussards noirs que sont les enseignants. On ne peut plus classique... Mais un enfant de la rue aussi. Non pas que je veuille me créer une image d'enfance difficile. Loin s'en faut : je n'ai jamais vécu dans le Bronx et mes parents ne m'ont jamais battu. C'est juste que mon adolescence est marquée par d'interminables parties de foot, de basket, de tennis dans les rues de mon village. Or je crois tenir de cette vie au grand air une grande partie de ma personnalité, de ma liberté de ton. Donc, comme beaucoup de gamins, j'aurais beaucoup aimé devenir un Zidane (en fait à mon époque c'était plutôt Georges Weah). J'avais un certain talent mais le destin me guidera autre part.

 

     En effet, parallèlement à mes aptitudes sportives, j'ai très tôt développé un goût pour l'histoire. Preuve en est qu'à 10 ans,  j'ai refusé d'utiliser l'argent de Noël pour acheter un jeu video pour ma Sega Master System ! J'étais tombé par hasard sur la réédition de L'Histoire de France en bande dessinée (Larousse) et le coup de foudre a eu lieu : cela m'évitera une destinée de geek. Mon frère était furieux mais c'est le prix à payer d'une vocation. Ce goût et cette facilité pour l'histoire ne me quittèrent plus dès lors.

 

     Après ma formation secondaire, je passe une année de prépa Science Po. Je continue ensuite logiquement des études d'histoire à l'université de Lille III. C'est de là que je tiens une bonne partie de ma culture. Je ne peux m'empêcher d'exprimer ici ma gratitude pour mes enseignants de Lille III : Janine Desmuliez (histoire romaine), Véronique Chankowski (histoire grecque), Stéphane Lebecq (Haut Moyen Âge) , Bertrand Schnerb (Bas Moyen Âge),  Jean Pierre Jessenne (histoire moderne et Révolution Française),  Alain-René Michel RIP et Jacques Prévotat (histoire religieuse contemporaine) et bien d’autres, tous passeurs d'histoire mais aussi éveilleurs de conscience !

 

     Pendant ces années d'études, je me suis spécialisé dans l'histoire religieuse. Rien ne m'y prédestinait réellement (si ce n'est, qui sait, la Prédestination !), moi qui suis issu d'une famille plutôt "bouffeuse de curé". Quoi qu'il en soit le sujet me passionne de plus en plus et me voilà engagé dans un mémoire de maîtrise portant sur Le concile Vatican II (1962-1965) et sa réception en Espagne. Mes recherches se feront à Cordoue en Andalousie pendant une année ERASMUS qui me permettra de parfaire mon Espagnol déjà préalablement maîtrisé (étant déjà à moitié ibère de par mon père).

 

     Après cette expérience de vie très enrichissante en Espagne, je reviens en France passer le CAPES d'histoire géographie que j'obtiens en 2006. J'effectue mon année de formation à Limoges au Lycée Suzanne Valadon puis je décide de venir à Paris. J'enseigne pendant ensuite 4 années dans différents collèges et lycées de la région parisienne (à Sarcelles, Louvres, Franconville, Saint Witz).  Jusqu'au jour où je décide d'arrêter ma carrière. Pourquoi ai-je quitté un métier ayant un certain nombre d'avantages ? 


     Je ne me sentais pas réellement à l'aise dans cet habit. J'aime enseigner, j'apprécie les enfants mais je n’apprécie guère le caractère confiné des établissements, les programmes à rallonge et comme tout professeur vous dira : les interminables corrections de copies ! Je végétais. Il me fallait un métier que je puisse exercer à l'air libre ! Je m'essaye depuis plusieurs années à l'écriture et aux arts plastiques mais si ses activités m'agréent pleinement elles n'en restent pas moins chronophages et peu rémunératrices...

 

     Le métier de guide interprète s'est donc très vite imposé à moi. Faire passer l'histoire directement devant les oeuvres change tout, c'est ce que j'ai compris en emmenant régulièrement les élèves en voyage scolaire. J'ai donc franchi le Rubicon quittant un emploi stable pour vivre dans une certaine précarité financière pendant un an.  Je cumulais travail de réceptionniste la nuit pour pouvoir suivre la formation de Guide Interprète National à l’université de Marne-la-Vallée le jour. Une formation très complète en anglais et en espagnol qui m'a permis de découvrir les plus petits détails de Paris, de l'architecture et de l'histoire de l'art, bref, d'apprendre le métier.

 

    Me voilà donc à me lancer en tant que guide indépendant pour vous proposer des visites de mon cru. Des visites qui sont, pour sûr, filles de toute cette histoire...